L’étouffoir

Allergies, asthme, cancers…. Les maladies respiratoires explosent avec la crise écologique et on ferme «  jusqu’à nouvel ordre  » le seul service de pneumologie du département de la Nièvre avec une note de service  ! Enfin non pas vraiment, si l’on en croit la direction, il s’agit «  juste  » d’un transfert d’activité avec une réduction notable du nombre de lits dédiés à cette activité (de 25 a 5) et du personnel envoyé dans d’autres services… Non seulement le pouvoir ne fait rien contre les causes de la crise (Macron demande même «  une pause  » dans les mesures pour le climat), mais en plus, il sabote les moyens de faire face aux conséquences.

La fermeture du service de pneumologie de Nevers est un coup supplémentaire dans la longue série que reçoivent les services publics de la Santé française. Déjà, la maternité de Nevers a fermé brutalement, mais de manière provisoire, l’été dernier. La maternité d’Autun a fermé ces derniers mois, remplacée par un CPP (Centre périnatal de proximité, soit un service de consultation) et un «  SMUR obstétrical  », c’est-à-dire des sages femmes dans un camion. Dans la ruralité, les distances ont des conséquences dramatiques quand il est question de soins.

Dans les trois cas (et probablement dans tous les autres cas de fermeture temporaires de services, comme les urgences de Cosne-sur-Loire, de Clamecy, etc…) la communication est désastreuse. Les équipes soignantes concernées l’apprennent au dernier moment et/ou par voie de presse. Même constat pour les patients concernés. Une jolie démonstration d’anticipation de la part de l’ARS. La problématique commune à ces situations  ? Le manque de bras (médecins souvent, mais pas seulement) et un défaut d’attractivité évident des structures hospitalières certes, mais aussi du territoire dans son ensemble

Que faire  ? Mettre à la poubelle le traitement néolibéral subi depuis plus de dix ans et appliquer d’urgence les mesures proposées par celles et ceux traité.es par le gouvernement avec un mépris inadmissible  : les agents hospitaliers, parce que tous les jours, malgré le sabotage devenu flagrant avec la Covid, elles et ils continuent à nous soigner. Nous devons à ces personnes notre admiration, et notre compassion envers celles qui ont dû partir, épuisées par le mépris, la violence psychologique, le manque de moyens, les soucis financiers avec des salaires lamentables. Leur dévouement tient de l’héroïsme.

Le 27 mai 1943 était fondé le Conseil National de la Résistance. Il y a 80 ans, notre pays devait faire face aux conséquences de la guerre, du nazisme, de la collaboration et aux conséquences sanitaires. La Sécurité sociale a permis d’y faire face. La crise écologique qui commence aura des conséquences incommensurables, sanitaires aussi. Nous devons toutes et tous prendre conscience que nos chances d’échapper à une maladie ou un handicap lié à cette crise s’amenuisent à mesure que celles et ceux qui nous gouvernement alimentent la mécanique de la hausse des températures. Chaque fois qu’iels choisissent l’argent plutôt que le climat, iels allongent la liste des malades et alourdissent la charge des soignant.es. Chaque fois que sont refusés des moyens aux hôpitaux, des gens sont condamnés à mort faute de soins.

À chaque fois, donc, que la démocratie permet de s’opposer aux coupables de ce sabotage et à leurs soutiens, jusque dans nos villages, il faut se mobiliser.