Nous, être humains, faisons face, pour la première fois dans notre histoire, à une menace qui met en question notre espèce et des millions d’autres. La biodiversité s’effondre. Les habitant·es du monde rural sont les premiers témoins de cette extinction organisée dans les métropoles.
Notre civilisation concentre les humains en milieu urbain, produit pour produire et transforme ses campagnes en déserts verts. Elle a tellement prélevé sur la planète, tellement ravagé ses écosystèmes qu’elle en a provoqué la sixième extinction de masse des espèces et déréglé le climat. Le ciel nous tombe sur la tête. Littéralement. Si nous voulons enrayer ce processus mortifère et même tout simplement y survivre, nous devons à très court terme, collectivement, prendre des décisions qui entraîneront des bouleversements dans l’organisation de nos sociétés.
Le repeuplement des campagnes est incontournable : puisque nous ne pouvons plus produire notre nourriture avec le modèle agro-industriel actuel, responsable d’une grande partie du réchauffement climatique, le passage généralisé à l’agriculture paysanne et à la relocalisation du commerce n’est plus un choix de doux rêveur écolo-gaucho. C’est devenu une obligation à court terme : il nous reste une décennie pour agir. Rien qu’en France, ce sont au moins 300 000 paysan·es en plus dont nous aurons besoin. 300 000 personnes qui devront être formées, informées et s’installeront à la campagne, à la montagne, en forêt avec leurs conjoint·es, leurs enfants, leurs besoins en logements, en services publics, en commerces, en arts et en culture…
Le mouvement a commencé, même si les intérêts financiers prospérant avec nos institutions actuelles veulent vider les campagnes, les forêts et les montagnes encore plus : fermeture de services publics, incitation des exploitations agricoles à se concentrer, biens communs détruits ou privatisés… La vie rurale est loin d’être facilitée, c’est vrai, mais malgré tout, la population « néorurale » est de plus en plus nombreuse et quatre Français·es sur cinq disent aujourd’hui qu’iels préféreraient vivre à la campagne.
Il faut les aider pour que la transition se déroule sans heurts, et cela commence par une information indépendante, pour les habitant·es de la ruralité et aussi celleux des métropoles, largement majoritaires en nombre : ce sont leurs votes qui changent les règles et les orientations politiques.
Ce journal, émis depuis le Morvan, souhaite y contribuer par le débat, la recension des savoirs et des créations, la chronique de sa vie citoyenne, et espère qu’à cette Voix rurale viendront s’en ajouter beaucoup d’autres.
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